Pourquoi le meilleur moment pour prendre soin de sa mémoire, c'est maintenant

neuroplasticité prévention cognitive Oct 09, 2026
 
On pense souvent que le bon moment pour s'occuper de sa mémoire, c'est quand les mots commencent à manquer, quand les rendez-vous s'oublient, quand le cerveau semble plus lent qu'avant. Et pourtant, la réalité est tout autre.
 
Le mythe du "bon moment"
Comme pour n'importe quel sujet de santé, attendre les premiers symptômes n'est jamais la meilleure stratégie. Plus on agit tôt, en prévention, plus c'est efficace. La mémoire ne fait pas exception : elle se travaille bien avant que les premières failles apparaissent.
 
Les lunettes de la neuroplasticité
Une façon simple de voir les choses : regarder sa vie à travers les "lunettes de la neuroplasticité". On vit dans un monde qui cherche le confort, la facilité, la productivité, et c'est une bonne chose : l'humanité évolue, et il n'est pas question de revenir en arrière. La technologie elle-même peut être mise au service du cerveau.
 
Mais ce confort a un prix
Les outils qu'on a développés pour rendre notre quotidien plus facile peuvent aussi se faire au détriment de notre neuroplasticité. Chaque geste du quotidien devient alors un choix : celui de laisser le cerveau se reposer, ou celui de le faire travailler autrement.
 
Le cerveau au travail, sans qu'on s'en rende compte
Une simple conversation mobilise déjà plusieurs régions du cerveau : écouter, répondre, faire des liens avec ce qu'on sait déjà du sujet, ajuster son ton selon l'humeur de la personne en face. Tout ça se fait de façon inconsciente. Mais dans une journée sans conversation, sans échange, le cerveau travaille tout simplement moins.
 
Transformer les irritants en cadeaux pour le cerveau
C'est vrai pour les échanges, mais aussi pour tout le reste : choisir un chemin différent pour se rendre quelque part, aller dans une épicerie différente, essayer un ingrédient qu'on ne connaît pas. Ce qui ressemble à un irritant — chercher plus longtemps, lire les étiquettes, se perdre un peu dans les allées — est en réalité un véritable exercice pour le cerveau : il cherche, il analyse, il réfléchit.
 
C'est une question de vocabulaire autant que d'attitude 
Voir ces petits dérangements du quotidien non pas comme des irritants, mais comme des cadeaux pour sa neuroplasticité.
 
Le cerveau, notre levier le plus puissant
Le cerveau gère absolument tout ce qu'on fait au quotidien, souvent sans qu'on en ait conscience — jusqu'au jour où des gestes aussi simples que tenir une fourchette ou mettre ses souliers deviennent difficiles. C'est pour ça qu'il mérite la même attention que n'importe quelle autre partie du corps : comme bouger ses bras, ses jambes et ses mains garde le corps en forme, varier les activités qui sollicitent l'écoute, la parole, le repérage dans l'espace garde le cerveau plus agile.
 
Regarder la télévision laisse le cerveau passif. Écouter de la musique le stimule davantage. En jouer, encore plus.
 
Et maintenant?
Une invitation simple : observer, chaque jour, au moins une occasion de choisir le chemin de la neuroplasticité plutôt que celui de la facilité. Ça peut être un livre plutôt qu'un écran, un ingrédient inconnu plutôt qu'une recette habituelle, un trajet différent plutôt que le même depuis dix ans.
 
Pour aller plus loin, le 7e Grand Rassemblement virtuel mémoire et longévité est gratuit et commence lundi le 12 octobre. Une dizaine d'experts y abordent, chacun à travers son domaine, l'impact sur la mémoire et le cerveau — de l'audition aux soins avec les chevaux.
 

 

 

FAQ

Pourquoi dit-on qu'il ne faut pas attendre les premiers symptômes pour prendre soin de sa mémoire?

 
Parce que la neuroplasticité fonctionne comme n'importe quelle capacité du corps : plus on agit en prévention, plus les résultats sont durables. Attendre les premiers oublis pour s'en préoccuper, c'est agir une fois que le travail est déjà plus difficile à faire.
 
Qu'est-ce que "voir la vie à travers les lunettes de la neuroplasticité"?
 
C'est observer son quotidien en se demandant, à chaque situation, si elle fait travailler le cerveau autrement qu'à l'habitude — une conversation, un trajet, une tâche manuelle — plutôt que de choisir systématiquement l'option la plus facile ou la plus automatique.
 
Un irritant du quotidien peut-il vraiment aider ma mémoire?
 
Oui. Un détour, une épicerie inhabituelle ou un ingrédient inconnu obligent le cerveau à chercher, comparer et analyser, ce qui sollicite exactement les mécanismes qui soutiennent la neuroplasticité, alors qu'une routine parfaitement rodée demande très peu d'effort au cerveau.
 
Quelles activités travaillent le plus le cerveau au quotidien?
 
Tout ce qui demande une participation active : une conversation plutôt que la télévision, jouer de la musique plutôt que simplement l'écouter, ou essayer une nouvelle façon de faire une tâche familière. Ce sont des occasions simples, présentes partout dans une journée normale.