Oubliez les jeux de mémoire : le meilleur entraînement est déjà dans votre journée
Nov 06, 2026« Quels jeux de mémoire devrais-je télécharger? » C’est l’une des questions que Patricia Spaans reçoit le plus souvent. Les applications peuvent être un bon complément, mais le véritable entraînement du cerveau se trouve ailleurs : dans notre quotidien.
Votre cerveau travaille déjà toute la journée
Notre cerveau gère absolument tout. Pensez à un enfant qui apprend à marcher ou à écrire : on voit à quel point c’est un travail intense. Aujourd’hui, on marche sans y penser, mais ça ne veut pas dire que le cerveau ne travaille pas.
Marcher, bouger, tenir une conversation : ce sont tous des exercices extraordinaires pour le cerveau. Les proches aidants de personnes qui perdent la mémoire le constatent d’ailleurs. Lorsque le cerveau perd ses capacités, ce sont toutes ces actions du quotidien qui deviennent difficiles.
Prendre conscience de ce travail invisible nous donne plus de flexibilité, et plus de joie dans nos apprentissages comme dans nos actions.
Un imprévu, une occasion
Lors du tournage de cet épisode, la caméra s’est fermée après trois minutes de direct, et il a fallu tout recommencer. C’est un parfait exemple : face à un imprévu, le cerveau doit réfléchir, s’adapter et trouver une solution. Le faire dans le calme plutôt que dans la panique, c’est exactement le genre d’exercice qui stimule la neuroplasticité.
Le prix du confort
On vit dans un monde qui recherche toujours plus de confort et de facilité. Les téléphones intelligents et l’intelligence artificielle font de plus en plus de choses à notre place. Ces outils sont utiles et pertinents, mais il y a un équilibre important à préserver.
Quand on choisit d’utiliser un outil, il faut comprendre que notre cerveau est moins sollicité, et que cela a un coût pour notre neuroplasticité.
Des défis simples au quotidien
Il existe mille et une façons d’élargir un peu sa zone de confort :
- Changer d’épicerie. Les produits ne sont pas placés au même endroit, et on doit chercher. Ce qui semblait un irritant devient un excellent exercice.
- Tenir de vraies conversations. Une conversation en personne demande beaucoup plus d’effort au cerveau qu’un message vocal, qui laisse le temps de réfléchir avant de répondre.
- Mémoriser des numéros de téléphone. On connaît souvent par cœur les numéros d’il y a longtemps, mais rarement les plus récents, puisque c’est le téléphone qui s’en souvient.
- Bouger et essayer un nouveau sport. Chaque mouvement est commandé par le cerveau.
- Apprendre quelque chose de nouveau : une langue, un instrument, le tricot.
L’exemple de Stéphane et sa guitare
Stéphane Triballi, chef et formateur culinaire, pensait d’abord que la cuisine était son terrain de neuroplasticité. Mais il cuisine depuis toujours : ce sont des automatismes bien acquis.
En reprenant la guitare, il a compris la différence. Il s’était fixé un rituel de 15 minutes par jour, qui se transforme souvent en une heure et demie ou deux heures de pratique, et il en ressort épuisé. C’est le signe que son cerveau travaille de nouvelles zones. C’est quand on apprend quelque chose de nouveau que la neuroplasticité est la plus sollicitée.
Il n’y a pas d’âge pour arrêter d’apprendre. Qu’on ait 50, 60 ou 75 ans, on peut continuer à se laisser la chance d’apprendre.
La cuisine, un terrain de jeu pour le cerveau
On n’a jamais eu accès à autant de recettes en ligne. Pourtant, mange-t-on mieux? Pas vraiment. On a pris l’habitude d’acheter la facilité, et la plupart des formations culinaires promettent des recettes en cinq minutes avec le moins d’ingrédients possible.
Et si on renversait la vapeur? Plutôt que d’éviter l’effort en cuisine, on pourrait l’accueillir. Sans tomber dans l’excès, bien sûr : passer deux heures en cuisine chaque soir après le travail n’est pas réaliste.
Stéphane propose une approche simple :
- Le dimanche, prendre environ une heure pour préparer quelques légumes coupés à l’avance.
- Pendant la semaine, assembler ces éléments en variant les protéines.
- Composer avec ce qu’il y a dans le frigo, plutôt que de suivre toujours la même recette.
Même lui a déjà vécu le syndrome de la page blanche devant son frigo. Petit à petit, on apprend à créer. Au début, ça accroche un peu. Puis l’effort devient plus facile, et même joyeux. C’est exactement ce bout d’effort qui nourrit le cerveau.
Patricia en est un bon exemple. L’épicerie, qui était autrefois une corvée pour elle, est devenue un plaisir. Elle y va maintenant par zones de couleur, et elle ose même changer de magasin.
Selon des études menées au Japon, les personnes qui cuisinent à la maison stimulent leur neuroplasticité et protègent leur mémoire. Cuisiner, c’est donc faire d’une pierre deux coups : on mange mieux, et on entraîne son cerveau.
Vos lunettes de neuroplasticité
Patricia aime dire qu’elle regarde son quotidien à travers ses « lunettes de neuroplasticité ». À chaque moment, elle se demande si elle peut faire cette activité d’une façon qui fait travailler son cerveau, et comment.
Les activités vécues ici et maintenant, dans le réel, seront toujours plus bénéfiques que celles qui se passent dans le virtuel. Le meilleur entraînement, c’est celui qui nous sert et qu’on aime au quotidien.
Le Défi 7 jours pour stimuler votre mémoire
Pour aller plus loin, la 26e édition du Défi 7 jours commence le 16 novembre. C’est gratuit, et près de 30 000 personnes y ont déjà participé. Une journée complète est consacrée à la cuisine, avec des recettes à faire ensemble.
Et maintenant?
Réserver une rencontre de 15 minutes avec notre équipe est gratuit et n’engage à rien. C’est l’occasion de prendre du recul, souvent difficile à faire seul, et de clarifier la meilleure prochaine étape pour vous.
FAQ
Les applications de jeux de mémoire sont-elles efficaces?
Elles peuvent être un bon complément, mais le véritable entraînement se fait dans le quotidien, à travers les activités réelles qui sollicitent le cerveau.
Qu’est-ce que la neuroplasticité?
C’est la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions. Elle est particulièrement stimulée lorsqu’on apprend quelque chose de nouveau ou qu’on sort de ses habitudes.
Comment stimuler sa mémoire en cuisinant?
En essayant de nouvelles recettes, en composant avec le contenu du frigo, et en acceptant un petit effort plutôt que de toujours chercher la solution la plus rapide.
Est-il trop tard pour apprendre quelque chose de nouveau?
Non. Il n’y a pas d’âge pour continuer d’apprendre et de stimuler sa neuroplasticité.